Voyage à vélo 2026 : en remontant la Meuse

Voyage à vélo 2026 : en remontant la Meuse

Ce voyage à vélo n’était en fait pas prévu. En raison de circonstances imprévues, nous avons dû annuler début juillet nos projets de voyage (à vélo) initiaux. Comme nous n’avions pas beaucoup de temps pour préparer une alternative, nous avons opté pour des vacances à vélo plutôt proches de chez nous, avec un minimum de tracas logistiques.

Nous avons pris le train de Bruxelles-Nord à Rotterdam Centraal, point de départ de notre périple le long de la Meuse. Ce fut finalement un voyage à travers quatre pays, en grande partie le long des berges d’un fleuve. Pour ce voyage aussi, nous nous sommes inspirés d’un guide de Paul Benjaminse : ‘De Internationale Maasroute ‘.

Les Pays-Bas

Parcourir 1000 km à vélo le long des berges d’un fleuve, cela peut sembler monotone. Et pourtant, ce ne fut pas le cas ! Il n’y a pas une seule Meuse : ce fleuve a de multiples visages. La main de l’homme y est souvent bien visible : la Meuse comme ligne de défense, comme voie de transport ou comme source d’eau et de limon pour l’agriculture.

Nos voisins du Nord sont des maîtres de la gestion de l’eau et au fil des siècles, ils sont intervenus comme nul autre sur le cours du fleuve. On y trouve ainsi la ’ Oude Maas’, la  ‘Nieuwe Maas’, l’ ‘Afgedamde Maas’, la  ‘Bergsche Maas’, le ‘Maaskanaal’ et la ‘Grensmaas’. Historiquement, le fleuve était important pour le commerce et la défense de la Hollande.

Molengang Kinderdijk

Peu après Rotterdam, on longe les moulins (trop) touristiques de Kinderdijk, puis on rejoint le parc national ‘De Biesbosch’. Il s’agit d’une vaste zone de marées d’eau douce au cœur du delta (Meuse – Rhin), à la frontière des provinces ‘ Zuid Holland’ et  ‘Noord Brabant’. Un labyrinthe de criques à la flore typique des zones de marées, un véritable paradis pour les oiseaux aquatiques. Remarquable de voir comment gestion de la nature et gestion de l’eau vont ici de pair.

Une fois dans le Brabant, on passe par de nombreuses villes fortifiées bien conservées comme Woudrichem, Heusden, Ravenstein ou Grave. Ces petites villes sont très agréables avec leurs remparts, leurs portes de ville, leurs ruelles pavées et leurs canaux. Ici, la Meuse est aussi un fleuve qui serpente et où l’on a (re)donné de l’espace aux inondations. On pédale donc plutôt à travers un paysage naturel ouvert et varié. De nombreux petits bacs vous font passer d’une rive à l’autre et inversement. En continuant vers le sud, la Meuse (« Bergsche Maas ») marque d’abord la frontière entre les provinces ‘Noord Brabant’ et  ‘Gelderland’, puis entre ‘Noord Brabant’ et Limbourg. Finalement, peu après Boxmeer, on entre dans le Limbourg (néerlandais).

Ici aussi, on longe un magnifique parc national : ‘De Maasduinen’. Un paysage singulier de dunes fluviales, de landes et de forêts. Autrefois, c’est même le Rhin (!) qui coulait ici. Plus on avance vers le sud, plus on succombe à la convivialité limbourgeoise : terrasses et glaciers à foison. Après les ‘Maasplassen’, près de Ruremonde, nous traversons la Meuse et entrons en Belgique à hauteur de Dilsen-Stokkem. Via Maaseik et le long des méandres de la ‘Grensmaas’, nous roulons en direction de Maastricht. Il faut le dire les infrastructures cyclables du Limbourg belge sont excellentes et n’ont rien à envier à celles des Pays-Bas. Un bac nous ramène sur la rive néerlandaise.

Vue sur la Meuse

La Belgique

Liège

Nous avons quitté tôt le matin notre camping près de Maastricht pour entamer la partie belge de notre voyage. Entre Visé et Liège le parcours était parsemé de travaux et les déviations étaient tout sauf adaptées aux cyclistes, et de surcroît mal indiquées. La traversée de Liège à vélo était agréable, mais une fois la ville dépassée, on roule dans un décor triste: d’abord des quartiers résidentiels délabrés, puis des sites industriels à l’abandon ou encore en activité. Pour reprendre les mots de Paul Benjaminse : « Autrefois, le fleuve était l’artère par laquelle passait toute l’activité ; le fleuve est resté, entouré d’un désert de bâtiments et de plaies ouvertes. » (traduction libre)

De Liège à Huy il faut donc être persévérant. Nous sommes arrivés à Huy en fin d’après-midi. C’était une journée ensoleillée. Après un bon repas sur la place centrale, nous avons décidé de pousser jusqu’à Namur. Sous le soleil couchant, le long d’une Meuse sinueuse, c’était comme si chaque coup de pédale effaçait les moments moins agréables de la journée. L’arrivée à Namur dans la lumière du soir était tout simplement magnifique !

Vers Namur sous le soleil qui se couche

Quand on arrive des Pays-Bas, on est frappé par l’absence de bacs. Le nombre de ponts sur le fleuve est aussi nettement inférieur en Belgique. C’est comme si, chez nous, le fleuve coupait le paysage en deux, alors qu’aux Pays-Bas, il en fait bien davantage partie.

Namur a été une véritable révélation pour nous : nous avons flâné une journée dans le vieux centre-ville et visité la citadelle. C’est une ville pleine de vie. Les amateurs de culture, de gastronomie et de shopping y trouveront certainement leur bonheur. En fin d’après-midi, nous reprenons la route vers Dinant. Le paysage devient vraiment ardennais : le fleuve serpente entre collines boisées et rochers. Notre camping pour la nuit se trouvait au bord de la Lesse, tout près de son confluent avec la Meuse et non loin de la frontière française.

La France

Une nouvelle journée très chaude s’annonçait, nous étions donc en selle de bonne heure, direction la France. Après un café revigorant et un petit-déjeuner tout aussi réconfortant chez le boulanger local d’Hastière, nous avons passé la frontière pour rejoindre Givet, la première petite ville française de notre parcours. Nous sommes bluffés par les aménagements cyclables du département des Ardennes : l’itinéraire « La Meuse à vélo » est bien balisé, sans circulation automobile, et l’asphalte est un vrai billard. Nous roulons tantôt au bord de l’eau, tantôt à travers les bois sur les collines qui bordent le fleuve. Les Français aussi sont fortement intervenus sur le cours du fleuve. Juste avant Revin, nous traversons un tunnel creusé dans la roche, en compagnie d’un petit canal qui coupe un méandre du fleuve. Ce jour-là, nous posons nos sacoches à Monthermé, dans un camping typiquement français.

La différence d’offre de campings entre les Pays-Bas d’une part,  la Belgique et la France d’autre part, est frappante. Aux Pays-Bas, nous décidions en cours de journée où nous allions passer la nuit. Les possibilités ne manquent en effet pas : camping nature, camping à la ferme, etc. En Belgique et en France, on n’a pas ce luxe. Le choix est beaucoup plus restreint et la qualité nettement inférieure. En Belgique, « Welcome to my garden » peut être une bonne alternative.

Faire le plein de provisions n’est pas simple non plus en France. Les villages que nous traversons n’ont plus d’épicerie. Au mieux, il reste une boulangerie.

Après Monthermé, nous prévoyons de faire étape au camping municipal de Mouzon. Ici aussi, départ très matinal pour échapper un peu à la chaleur. Le paysage passe lentement de collines boisées à une zone agricole ouverte et légèrement vallonnée. Nous laissons peu à peu les Ardennes derrière nous.

À Mouzon, nous avons rencontré trois sympathiques cyclovoyageurs français en route pour Amsterdam. Ils nous ont donné un tuyau en or : acheter tôt le matin, à la boulangerie locale, à la fois le petit-déjeuner et de quoi manger à midi. On y trouve en effet dès l’aube, en plus des baguettes et croissants habituels, des sandwichs garnis, des focaccias, etc.

Paysage dep. Meuse

Notre étape suivante est Verdun. Peu après Mouzon, nous entrons dans le département de la Meuse. Ici l’itinéraire cyclable ’La Meuse à vélo’ n’est pas encore aménagé. Nous empruntons désormais de petites routes départementales. Nous roulons dans la vallée de la Meuse, mais pas vraiment le long du fleuve. Ce fut une étape vallonnée sous un soleil (trop) brûlant, mais à travers un paysage varié. La Meuse traverse ici une région calcaire, ce qui se remarque aussi sur ses berges. Le fleuve et les canaux qui le longent n’ont plus aucune utilité économique. La nature reprend peu à peu ses droits, ce qui donne lieu à une faune et une flore remarquable le long des berges. Bien entendu, dans cette région, on n’échappe pas au passé de la guerre 14-18.

Paysage dep. Meuse
Bords de la Meuse

Au départ, notre intention était de pédaler jusqu’à la source de la Meuse (Pouilly-en-Bassigny), puis de rejoindre la vallée de la Moselle et de la suivre vers le nord jusqu’à Nancy. De là, nous comptions rentrer en train à Bruxelles via Luxembourg. À Verdun, nous avons toutefois appris que la liaison ferroviaire Nancy – Schengen (Lux.) était interrompue pour travaux. Les vélos ne sont pas admis dans les bus de remplacement. Nous avons donc décidé de ne pas descendre aussi loin vers le sud, mais de bifurquer vers la Moselle peu après Verdun pour suivre ensuite ‘La Voie Bleue’ jusqu’au Luxembourg.

Nous quittons Verdun aux premières lueurs du jour et après l’arrêt habituel à la boulangerie, nous suivons la Meuse jusqu’à Bannoncourt, à une trentaine de kilomètres au sud de Verdun. Nous y apercevons même un castor. Par de paisibles routes départementales, nous sortons de la vallée de la Meuse en direction du lac de Madine. La vue sur le lac depuis la crête est superbe. C’est le pays de la mirabelle, la récolte battait son plein. Une fois la vallée de la Moselle atteinte, s’ensuit une longue descente en pente douce jusqu’à Vandières. Nous longeons désormais la Moselle vers l’aval, en direction du Luxembourg.

La Moselle

Le Luxembourg

Cet itinéraire aussi est parfaitement balisé et les aménagements cyclables sont plus que bons. À l’approche du Luxembourg, les premières vignes apparaissent sur les rives. Ici aussi, on remarque qu’en plus de la rivière, il y a de nombreux canaux, écluses et bassins. Après Metz, l’activité économique augmente nettement. Le tronçon entre Metz et Sierck-les-Bains, à la frontière luxembourgeoise, est donc moins agréable.

À Sierck-les-Bains, nous avons rencontré un cycliste local qui nous a conseillé un bel itinéraire jusqu’à Luxembourg-ville. Nous avons suivi son conseil avec plaisir : lors de notre dernière journée à vélo, nous longeons encore un peu la Moselle par Schengen jusqu’à Remich, avant de grimper les coteaux de la vallée de la Moselle à travers les vignes. Une fois en haut, nous roulons sur une sorte de plateau à travers bois et champs, pour finalement redescendre via Hesperange vers la ville basse de Luxembourg. Une très belle conclusion pour notre voyage.

Au final, nous avons parcouru quelque 1000 km en 13 jours de vélo. Ce n’est certainement pas un itinéraire difficile et les infrastructures cyclables étaient bonnes à très bonnes.

La Frontière à Schengen
En route vers Luxembourg ville
En route vers Luxembourg ville

Onze recente blog posts

Nous prenons un petit break

Le magasin est fermé du mardi 03/11 au jeudi 05/11.

Merci pour votre compréhension.

Riese & Müller promos d'été

Découvrez nos promos fin de série Riese & Müller ensemble avec les autres bonnes affaires!